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Henri Rousseau
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À voir jusqu'au 9 mai 2010

SalleRiehen (BS) - Fondation Beyeler

Les visions du Douanier Rousseau

La Fondation Beyeler rend hommage au peintre, à l'occasion du centenaire de sa mort

Très singulièrement, un peintre qui tient du copiste et qui trouve au Jardin des plantes l'inspiration de ses jungles sauvages, et qui les restitue dans un style léché, est considéré comme l'un des «initiateurs déterminants de l'art moderne». Pour le centenaire de la mort d'Henri Rousseau, la Fondation Beyeler de Riehen lui consacre une exposition riche de quarante tableaux, en provenance de collections d'Europe et d'Amérique.

Issu d'une famille modeste, Henri Rousseau, né en 1844 à Laval, a d'abord été commis d'avocat à Nantes, puis commis à l'Octroi à Paris, d'où le surnom de douanier qu'on lui donnera. En travaillant à partir des tableaux du Louvre, il se met à pratiquer la peinture, en autodidacte - à l'instar d'Utrillo copiant des cartes postales de Paris. Mais l'ambition est là: n'ayant pu participer au Salon officiel, le Douanier Rousseau expose au Salon des indépendants, dès 1886.

Le premier tableau de jungle date du début des années 1890 et dénote une fascination pour la nature sauvage, opposée au monde civilisé. Une nature largement imaginée et chargée d'allégorie. Cette mise en Ĺ“uvre d'un imaginaire plus complexe qu'il n'y paraît vaudra à Rousseau d'influencer des artistes tels que Kandinsky ou Picasso, ou encore Félix Vallotton, ainsi que le poète Guillaume Apollinaire et Marie Laurencin, dont il brossera le double portrait.

La Fondation Beyeler expose les divers genres abordés par Henri Rousseau, le portrait, la scène de genre (Les Joueurs de football, 1908), l'élégie (le fameux Soir de carnaval, féerie romantique), les visions de jungles peuplées de créatures oniriques. L'attrait que suscitent ces compositions tient à la part de mystère qu'elles recèlent. Père à de nombreuses reprises (un seul enfant parviendra à l'âge adulte), Henri Rousseau s'est marié deux fois. Il mourra de la gangrène, à Paris, en 1910.

L'humour, à première vue involontaire mais il ne faudrait s'y fier, dialogue, dans les peintures du Douanier, avec la cruauté (bêtes déchiquetant leur proie, charmeuse de serpents à l'aspect vénéneux), le portrait de groupe naïf et bon enfant avec les mises en scènes hautes en couleur de pulsions indomptables.

Photo©The National Gallery-London Pro Litteris 2010

Laurence Chauvy Imprimer

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