Crime et châtiment
De Goya à Manet, Picasso ou Andy Warhol, les scènes d'exécutions capitales font irruption dans la peinture à partir du XIXe siècle. Or c'est au moment de la Révolution française, en 1791, qu'un député demande pour la première fois l'abolition de la peine de mort. En France, elle sera abolie en 1981. L'artisan de cette suppression est un avocat devenu ministre, Robert Badinter. Il a aussi eu l'idée de Crime et châtiment, une exposition qui couvre deux siècles d'histoire de la justice pendant lesquels la peinture, le dessin, la littérature ou la musique, mais aussi la photographie et le cinéma accompagnent l'évolution de la criminologie et celle des mentalités à l'égard de la violence et de sa sanction sociale. Le commissariat a été confié à Jean Clair, un spécialiste des expositions transversales. On retrouve ses marottes, ses artistes préférés et l'esprit de ce qu'il a déjà présenté à Paris avec Mélancolie – Génie et folie en Occident en 2005-2006 ou L'âme au corps en 1993-1994. Beaucoup de noirceur, un goût prononcé pour l'exploration des limites et une ambiance pesante. Ceux qui voient du Jean Clair pour la première fois seront stupéfaits, les autres seront agacés par ces répétitions, par le déjà-vu et le sentiment que le commissaire a subtilisé, au profit de sa propre vision du monde, un sujet qui aurait pu être traité autrement.







