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Roman Polanski: Wanted and Desired
On ne sait trop si c'est l'opportunisme ou un élan de solidarité qui a poussé le distributeur Ascot Elite à sortir soudain ce film présenté à Cannes en 2008 déjà. Toujours est-il que le réflexe est excellent et qu'il permet de se faire une meilleure idée de «l'affaire Polanski», dont Marina Zenovich (une Californienne née en 1962) a refait le procès 30 ans après. Pour ceux qui se méfieraient un peu de ce type de documentaires «à l'américaine», qui mêlent fragments d'interviews, extraits de films sortis de leur contexte et raccourcis de montage dans un souci d'efficacité narrative, qu'ils se rassurent: ce film est au contraire d'une tenue remarquable, tant dans son rappel biographique que dans son enquête et même le choix de ses extraits (ah, l'idée d'intercaler Le Locataire et Le Gros et le maigre dans les moments les plus kafkaïens!). Tout en rappelant des faits difficilement excusables - encore que la victime y est arrivée -, la cinéaste fait apparaître que Polanski n'a pas tort de se méfier de la justice, des médias et de l'opinion publique, qui ont tendance à perdre leur sang-froid dès qu'il s'agit de célébrité et de sexe. Quand, au bout de l'enquête, il apparaît que toutes les parties s'accordent pour reconnaître les abus de pouvoir du juge Rittenband alors que le procès de 1978 s'acheminait vers un sursis, l'affaire paraît entendue: Polanski n'est aujourd'hui plus que la victime d'un système en roue libre. En l'absence d'un nouveau film d'un de nos cinéastes favoris, maître de l'absurde et de la paranoïa, il faut courir voir ce documentaire exemplaire qui érige le cinéma en «5e pouvoir» quand tous les autres dysfonctionnent.
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