L'exercice de l'Etat


- Distributeur
- Xenix
- Date de sortie
- 2 novembre 2011
- Production
- 2011
- Langue originale
- Français
- Pays
- France/Belgique
- Genre
- Drame
- Durée
- 115 min.
- Acteurs
- Olivier Gourmet, Michel Blanc, Zabou Breitman, Laurent Stocker, Sylvain Deblé, Arly Jover, Anne Azoulay, Didier Bezace, Eric Naggar, Fançois Vincentelli, Stéphan Wojtowicz, Brigitte Lo Cicero et Jacques Boudet
- Réalisateur
- Pierre Schoeller
- Âge légal (requis/conseillé)
- BE 16/16 - FR 12/14 - GE 12/14 - NE 12/14 - VD 12/14
L'Exercice de l'Etat
Une semaine après Les Marches du pouvoir de George Clooney, voici déjà un autre film politique qui pourrait en constituer la suite. Consacré comme son titre l'indique à l'exercice du pouvoir et non plus à sa conquête, L'Exercice de l'Etat a marqué les esprits à Cannes (section Un Certain Regard). Puissant, même dévastateur, c'est un film qui fait froid dans le dos parce que totalement crédible alors qu'il ne laisse aucune illusion sur le monde politique.
Inédit au cinéma, son héros Bertrand Saint-Jean (fabuleux Olivier Gourmet) est un ministre des Transports centriste. On le découvre réveillé en pleine nuit par une urgence: un car a basculé dans un ravin dans les Ardennes, il faut y aller. Un peu plus tard, sur son agenda déjà bousculé, atterrit la bombe d'un projet de privatisation des gares. Républicain convaincu, Saint-Jean n'en veut sous aucun prétexte. Mais la machine est en route et il devine déjà qu'il va falloir plier ou démissionner. Comment s'en sortira-t-il, gêné aux entournures par ses «consciences» que sont son directeur du cabinet et son nouveau chauffeur, un chômeur de longue durée?
Après deux inédits en Suisse (Zéro défaut et Versailles) déjà lancés à Cannes, Pierre Schoeller s'affirme ici comme un cinéaste à découvrir d'urgence. Ouvrant son film sur une allégorie puissante, il saisit ensuite le quotidien épuisant d'un ministre avec un brio sidérant, du sexe vite expédié avec bobonne à la trahison de ses idéaux. Luttes de pouvoir, soucis de communication et d'image, impuissance fondamentale et coupure de la réalité dans laquelle vit l'essentiel du pays, tout défile à vitesse grand V, en passant par un accident spectaculaire, mais sans jamais perdre de vue l'essentiel: à savoir raconter comment un homme de bonne volonté perd (inévitablement?) son âme dans l'exercice d'un pouvoir qui dévore ceux qui le servent.
Photo©Xenix








Vos commentaires
Ta d loi du cine - 06 avr. 2012 - Paris (France)
Un film totalement crédible, je suis d'accord. Qui fait froid dans le dos... je dirais que cela dépend du "personnel politique" que les électeurs français enverront au pouvoir d'ici quelques semaines! Je pense que, au milieu de cette "impuissance fondamentale" dont vous parlez, il existe tout de même quelques "pour-cents" de marge de manoeuvre dont les hommes (ou femmes!) politiques peuvent faire tel usage ou tel autre - selon, précisément, la "famille" politique dont ils se revendiquent (je ne parle pas, bien sûr, de cet "attrape-c..." que représente le poste de ministre dans un "gouvernement d'ouverture").
(s) ta d loi du cine, "squatter" chez dasola
Anne Louise - 10 nov. 2011 - Pully
Le titre du film est parfaitement adapté au contenu. Une démonstration implacable de la réalité du pouvoir, des illusions y découlant, accompagnés de luttes continuelles et épuisantes pour se maintenir au sommet de la hiérarchie. On ressort lessivé, à l'instar des ministres et autres hauts fonctionnaires incarcérés dans leur rôle et leurs ambitions, plus à plaindre qu'à craindre, car malheureux comme les pierres. Une belle réussite, tout en espérant tout de même que la réalité est un cran en deçà de la fiction.