Welcome

Welcome
Welcome
Distributeur
Agora
Date de sortie
11 mars 2009
Production
2009
Langue originale
Français
Pays
France
Genre
Drame
Durée
115 min.
Acteurs
Vincent Lindon, Firat Ayverdi, Audrey Dana, Derya Ayverdi, Selim Akg!ul, Thierry Godard, Olivier Rabourdin, Mouafaq Rushdie et Yannick Renier
Réalisateur
Philippe Lioret
Âge légal (requis/conseillé)
BE 12/14 - FR 12/14 - GE 12/14 - JU 12/14 - NE 12/14 - VD 12/14 - VS 12/12
  • Thierry Jobin
    ***admire
  • Norbert Creutz
    ***admire
  • Elsa Duperray
    ***admire
Les étoiles

Il n'y a pas que la forteresse suisse qui subisse l'assaut des étrangers. L'Europe aussi ploie de tous côtés sous l'afflux d'extra-communautaires, a priori toujours indésirables, d'où des lois de plus en plus dures et dissuasives. D'où aussi de plus en plus de films qui en parlent, la France n'étant pas en reste, de La Faute à Voltaire d'Abdellatif Kechiche à Eden à l'Ouest de Costa-Gavras. Mais il lui manquait encore un vrai film phare sur la question, ce que vient de réussir Philippe Lioret (Tombés du ciel, Je vais bien, ne t'en fais pas) avec son poignant Welcome – titre par antiphrase s'il en fut jamais.

Car bien sûr, ces migrants venus d'Asie ou d'Afrique ne sont bienvenus nulle part, pas plus en France qu'en Angleterre, eldorado imaginaire où ils sont nombreux à vouloir se rendre. Mais comment franchir la Manche? C'est à Calais que débarque Bilal, un jeune Kurde irakien déterminé à rejoindre sa petite amie, établie à Londres avec sa famille. De son côté, Simon, maître nageur municipal en instance de divorce, a le cafard depuis que sa femme Marion, prof d'anglais engagée dans l'aide humanitaire, l'a quitté, lui reprochant sa passivité. Le jour où Bilal demande à Simon de lui apprendre à nager, dans l'idée de traverser la Manche à la nage, ce dernier accepte malgré les interdictions, pas dupe, sinon de sa capacité à reconquérir sa femme…

Le cinéaste pose son décor et ses enjeux humains avec une belle exigence de vérité. Mais le plus étonnant réside encore dans sa manière de mêler les deux histoires, document social et romanesque, acteurs professionnels et amateurs. Ce n'est pas tous les jours que l'on assiste à une telle fusion, mi-Ken Loach mi-Stephen Frears, génératrice d'identification et d'émotion quasi imparable. Certains se méfieront sans doute de cette manière trop classique, où tout est affaire de justesse et de mesure, plus compassionnelle que politique. Lioret, lui, croit visiblement que seul l'affectif nous meut. Tandis que Bilal y puise l'énergie du désespoir, Simon y trouvera la capacité à s'ouvrir, à changer. Sans grand effet? Peut-être, mais ce n'est pas parce que l'on n'a pas la solution d'un problème qu'il faut fermer les yeux, semble dire ce très beau film.

Photo©Agora

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